179 © Horizons d'Argonne N° 95 - Juin 2018
PARUTIONS CONCERNANT L’ARGONNE : 2018
Nous rendons un hommage tout particulier à cette
Bibliographie argonnaise de notre ami Jacques Hussenet,
décédé fin Mars 2018, qui a tenu cette rubrique jusqu‘à son grand départ.
Cette rubrique se perpétue sous différents titres depuis 1964. Elle présente
les publications qui paraissent sur l’Argonne au fil des ans : histoire, géographie,
célébrités locales, activités, arts, folklore, etc. Elle mentionne également les livres et
articles consacrés à la Champagne, à la Lorraine, voire à la France, dans la mesure un
chapitre ou un nombre significatif de pages intéresse notre pays. En rassemblant des
recherches éparpillées sur trois départements et deux régions historiques, elle contribue
à sauvegarder l’identité argonnaise.
ARTICLES DE REVUES
Les amis d’Adrien Printz (1, rue de la Paix 57 290 Serémange-Erzange).
- M. Printz, « Hommage à Serge Bonnet », p. 53-54, ill.
- J.-Thomas Casarotto, « Souvenirs personnels … », p. 55-60, ill.
- S. Bonnet, « La dernière coulée », p. 61.
- S. Bonnet, « La Lorraine du fer sur la ligne rouge des hauts-fourneaux », p. 62-66, ill.
- P. Verny, « Album photos », p. 67-69, ill.
Champagne Généalogie (14, rue Pasteur, 51 000 Châlons-en-Champagne).
- D. Marquet, « Les moulins à Verrières », n°54, mars 2017, p. 27-28, ill.
- D. Marquet, « 1870 : impositions de guerre à Verrières », n° 54, mars 2017, p.29-33, ill.
Le Curieux Vouzinois (Hôtel de ville, place Carnot, 08 400 Vouziers).
- 104, mai 2017 : « Hommage à Gabriel Gerson » (M. Coistia), « Dans l’église Saint-
Maurille de Vouziers, ces chapiteaux que personne ne regarde » (M. Coistia), « Compagnon
charpentier des devoirs, « Ardennais la fermeté », Raymond Bigot (1905-1995) » (J. Bigot),
« A propos du tableau restauré de l’église Saint-Maurille de Vouziers » (M. Coistia), « Poésie :
en Argonne » (A. Quillatre).
- 105, juillet 2017 : « Du nouveau au comité de rédaction » (M. Coistia), « Un reportage
photographique du Welt Spiegel dans le Vouzinois en 1917. Explication et analyse » (X.
Chevallier).
- Hors-Série n° XVI, novembre 2017, 168 p. et ill. : Une histoire de Vouziers, dont « Le cadre
naturel » (B. Destombe), « Les origines de Vouziers : l’apport de l’archéologie » (D. Nicolas et
S. Galland-Créty), « Signification du nom de Vouziers et de quelques autres lieux-dits de la
commune » (E. Grossin), « Vouziers au Moyen Age et à l’époque moderne » (E. Grossin), « La
vie religieuse à Vouziers et dans les villages proches entre 1500 et 1790 » (M. Coistia), «
Vouziers sous la Révolution » (F. Simonet), « La première guerre mondiale 1914-1918 » (R.
Darcq), « Renaître en zone rouge (1919-1939) » (R. Hardy), « La seconde guerre mondiale
1939-1945 » (R. Darcq), « La dynamique des Trente Glorieuses (1946-1975) » (R. Hardy).
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Le Petit Journal de Sainte-Menehould et ses voisins d’Argonne (B P 90, 51 801 Sainte-
Menehould cédex).
- 73, hiver 2016 : « Fontaines et pèlerinages d’autrefois » (N. Gérardot), « L’inauguration
du monument aux morts » (J. Jussy), « La Biesme, toute une histoire » (F. Duboisy), «
Aujourd’hui le haut débit, hier l’électricité » (J. Jussy), « Le bois en Argonne » (B. Champion),
« Le ballon, chanson de 1908 », « Les émigrés, hier et aujourd’hui » (J. Jussy), « Histoire de
pédale » (J.-P. Vuillaume), « Cola L’oie » (N. Gérardot).
- 74, printemps 2017 : « La harazée en Bretagne ! » (F. Duboisy), « Emile Hacquart :
profession brandevinier » (N. Gérardot), « Vous lirez bien quelques histoires de goutte » (N.
Gérardot), « Fermes, hameaux, villages » (D. Delacour), « Notre-Dame de la Vallée » (F.
Duboisy), « La vie quotidienne dans un village argonnais au début du XX
e
siècle » (S. Franc),
« Quand les artistes témoignaient pour la pastille » (J. Jussy), « Menut, Guillemin, Buirettte »
(J. Jussy), « Aperçu géographique de la résistance en Argonne » (D. Marquet), « Les Lorrains
émigrés au XVII
e
siècle » (J. Jussy), « La mort du Mussieu Paupette » (J. Jussy), « Henri
Paupette » (J. Jussy).
- 75, été 2017 : « Cerisiers roses et pommiers blancs » (N. Gérardot), « La cueillette des
fraises et des myrtilles », « Condition des femmes à Futeau » (G. Mourlet), « Henri Barnay,
aviateur étonnant » (F. Duboisy), « Reconstitution historique » (J. Jussy), « Clin d’œil sur
Valmy », « La croix de la place à Menou : un droit d’asile » (J. Jussy), « Fermes, hameaux,
villages » (D. Delacour), « Liste des communes, canton de Sainte-Ménehould », « Des assiettes
pas comme les autres » (B. Champion, J. Jussy), « Marie, une bien sympathique émigrée » (F.
Duboisy), « Des pubs pas comme les autres » (J. Jussy),
- 76, automne 2017 : « La foire aux pommes de Villers-en-Argonne en photos », « Les
pommes d’assi nous » (M. Chaffaut, N. Gérardot), « La pomme s’accroche à l’Argonne » (M.
Chaffault, N. Gérardot), « Des animations autour de la pomme » (M. Chaffaut, N. Gérardot),
« Les tribulations d’un cheval mérovingien » (F. Duboisy), « Mort pour la France à 16 ans »
(D. Marquet), « Fermes, hameaux, villages ayant existé » (D. Delacour), « La petite fée
Bonneval » (F. Duboisy), « Au tribunal de police hier et aujourd’hui » (J. Jussy), « Des legs et
des rues » (J. Jussy), « Une fée capricieuse qui était pourtant fêtée » (J. Jussy), « L’électrification
en 1925 » (J. Jussy), « La chanson MENOU-MENOU » (J. Jussy), « Madame Champenois ».
- 77, hiver 2018 : « Randonnée ou promenade » (P. Desingly), « Les Noëls d’antan » (N.
Gérardot), « Le Noël du P’tit Cécel » (N. Gérardot), « Les cafés de nos villages » (D. Marquet),
« Quelques souvenirs du Bôt d’or » (N. Gérardot), « Ménehould à Château-sur-Aisne » (J.
Jussy), « Jean Laurent » (F. Duboisy), « Les liens de Marengo en Algérie avec l’Argonne » (D.
Delacour), « Bouconville, le traître trahi » (J. Jussy), « Un, deux, trois voies ferrées » (J.
Jussy).
Terres ardennaises (6, rue des Sources, 08 000 Charleville-Mézières), n° 139, juin 2017.
- M. Coistia, « Saint-Juvin : une église forteresse dans un défilé d’Argonne », p. 16-17, ill.
- F. Poncelet, « La forêt de Vaux-en-Dieulet », p. 51, ill.
- A. Renard, « L’église abbatiale de Notre-Dame de Mouzon », p. 52-54, ill.
- A. Sartelet, « Dans le grand silence du Mont-Dieu », p. 60-61, ill.
Terres d’Argonne (Tour Louis XVI, 55 270 Varennes-en-Argonne), Bulletin 9, avril 2017.
- M. Lorin, « Marie-Antoinette, la dernière reine de France. Quelques portraits, avant et après
Varennes », p. 9-22, ill.
- D. Hochedez, « Robert-François George (1741-1803). Député et maire de Varennes », p. 23-
82, ill. et fac-sim.
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- M. Adouani, « La saga pâtissière de trois Varennois, les frères Lefèvre », p. 83-118, ill. et fac-
sim.
- F. Saint-Rémond, « Des croix dans les paysages d’Argonne », p. 119-136, ill.
- M. Baugillot, « Les frères Beaujoint, deux Argonnais à (re) découvrir », p. 137-146, plan, ill.
et fac-sim.
- M.-C. Jannin, « Verreries d’Argonne en volutionS (XVIII
e
-XIX
e
) », p. 147-156, plan, ill.
et fac-sim.
LIVRES DIVERS
Claire DÉPALLE, La bataille de Valmy. Le 20 septembre 1792, Grenoble, Le Dauphiné
Libéré, collection les Patrimoines, 2017, 51 p., cartes, plans, ill. et fac-sim. (7,90 €).
Responsable du Centre historique de Valmy, Claire Dépalle a réussi une gageure :
présenter la bataille de Valmy et son célèbre moulin en une cinquantaine de pages. Ce fascicule
pédagogique se subdivise en huit chapitres : la Révolution et l’Europe ; les premières semaines
de la campagne de 1792 ; la bataille de Valmy ; Valmy, dernière bataille de l’Ancien Régime ;
l’énigme de Valmy ; de la bataille au mythe ; les moulins de Valmy ; le Centre historique Valmy
1792. Le tout est complété par une chronologie, une présentation des canons Gribeauval, de
Miranda, du soldat de Valmy, d’une bibliographie, d’une filmographie et d’une centaine
d’illustrations, dont 3 cartes, 4 fac-similés et 36 reproductions de tableaux, gravures et
photographies anciennes. Destiné au plus grand nombre, il conviendra aussi aux historiens.
Antoine FOLLIN (dir.), Contrôler et punir. Les agents du pouvoir (XV
e
-XVIII
e
siècles),
Editions universitaires de Dijon, 2015, 254 p. (20 €).
Ce titre typiquement universitaire rassemble une dizaine de contributions effectuées en
2011-2012 dans le cadre d’un séminaire de l’Université de Strasbourg. L’une d’elles, signée
d’Antoine Fersing, réexamine le fameux procès de Claude La Vallée, prévôt de Clermont-en-
Argonne. Né à la fin du XV
e
siècle et décédé en 1538, ce dernier fut accusé de concussion, dans
l’exercice de ses fonctions par la justice des ducs de Lorraine. Il fut emprisonné d’octobre 1535
à février 1537, déchu de ses titres et condamné à la confiscation de ses biens. Il fit appel de la
sentence devant le parlement de Paris, alors que Clermont ne relevait pas du royaume de France,
mais mourut avant la fin de la procédure. On n’en connaît d’ailleurs pas l’issue, si ce n’est que
la famille de La Vallée défendit la cause de l’ex-prévôt.
Cette affaire avait déjà fait l’objet d’un livre d’Henri Stein et on Legrand, paru en 1903
: La frontière d’Argonne (843-1659), procès de Claude de La Vallée (1535-1561). Antoine
Fersing note d’emblée que Stein et Legrand ont surtout exploité les archives du parlement de
Paris, favorables à l’ancien prévôt, et qu’ils les ont utilisées pour disserter sur la frontière
d’Argonne, alors que tel n’était pas l’enjeu du procès. Il a donc élargi sa base documentaire en
utilisant des sources dispersées entre les Archives nationale, les Archives départementales de
la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle, du Musée Condé (Chantilly) et de la BNF. D’où de
nombreux renseignements inédits sur la famille de La Vallée, le parcours du prévôt, l’origine
et les pouvoirs des officiers ducaux de son temps. Et finalement, notre lointain compatriote,
considéré naguère comme une quasi-victime, se transforme en un quasi-coupable.
Claude PENNETIER, Jean-Pierre BESSE, Thomas POUTY et Delphine LENEVEN,
Les fusillés (1940-1944), Ivry-sur-Seine, Les Editions Ouvrières, 2015, 1950 p., ill. (30 €).
Ce livre collectif a mobilisé une centaine d’auteurs, mais ne tient pas les promesses de
son titre. On estime à 15 000/20 000 les hommes et femmes exécutés par balle, hors déportation,
sous l’Occupation. Or, l’ouvrage en dénombre 4 425 avec quelques éléments biographiques.
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Signalons au moins les quatre Argonnais qui y figurent : René Arnould (Buzancy), René Bouré
(Lançon), René Horens (Montblainville) et René Mater (Châtel-Chéhéry). Il manque
malheureusement d’autres victimes fusillées à Sainte-Ménehould, dans les maquis ardennais et
dans l’Argonne meusienne.
Pierre RÉZEAU, Les Noëls en France aux XV
e
et XVI
e
siècles. Editions et analyses,
Strasbourg, Etudes de linguistique et de philologie, 2013, 613 p. (prix inconnu).
Eminent linguiste, le Vendéen Pierre Rézeau fait autorité depuis longtemps en matière
de langue française, patois, us et coutumes. Son étude consacrée aux noëls constitue une
référence sur le sujet. Ces couplets spirituels et profanes apparurent dans le dernier quart du
XV
e
siècle et devinrent surabondants au XVI
e
siècle. Ils mettaient en scène les villageois d’une
région en les mêlant à des personnages incontournables : l’Enfant Jésus, la Vierge, Joseph, les
anges et les bergers. Les derniers noëls parurent au XVIII
e
siècle, tel celui de Thevet qui passait
en revue 170 paroisses et métairies de l’Angoumois en 42 couplets. Le noël du doyenné de
Sainte-Ménehould n’est pas mentionné. Il est à l’abbé Hérisson, curé d’Auve en 1730. Au
vu de ce qui précède, il faut le considérer maintenant comme une version nostalgique et
abâtardie des noëls primitifs.
MOIGNAGES ET ÉTUDES SUR 1914-1918
Anne ACKERMANN, Argonne, zone de guerre (1914-1918), Grenoble, Le Dauphiné
Libéré, collection les patrimoines, 2017, 51 p., cartes, ill. et fac-sim. (7,90 €).
Paru dans lame collection que le fascicule de la bataille de Valmy, celui de la Grande
Guerre en Argonne a été rédigé par Anne Ackermann, directrice du Musée d’art et d’histoire
de Sainte-Ménehould. Il est destiné au grand public et s’articule autour de 13 chapitres : la
marche à la guerre ; le début de la guerre en Argonne ; l’Argonne, un secteur défensif ; la lente
progression allemande (1914-1916) ; la Butte de Vauquois ; l’armement en Argonne ; les
soldats au front ; le service de santé en Argonne ; l’organisation du front ; la vie des civils en
Argonne ; 1916-1917 : la lutte change de forme ; les Américains en Argonne ; après la tragédie.
S’y ajoutent des encarts sur les généraux d’Argonne, les Garibaldiens, les mines, l’argot des
tranchées, les ambulances américaines, le caporal York et le Lost Battalion et près d’une
centaine d’illustrations. Bref, un panorama complet dans un format réduit.
Julien ARBOIS, La vie quotidienne des Poilus. Témoignages de la Grande Guerre,
Bernay, City Editions, 2014, 286 p., ill. (17,90 €).
L’auteur a composé son livre à partir de 75 témoignages, très majoritairement français,
dont diverses célébrités telles que Barbusse, Apollinaire, Copeau, Giono, Pergaud ou Teilhard
de Chardin. Le quotidien de la Grande Guerre est traité en 25 chapitres, quelques-uns
chronologiques : un départ féérique ; la vie dans les tranchées ; la permission ; l’arrière ; la
révolte ; l’armistice. D’autres couvrent l’ensemble du conflit, soit, à titre d’exemple :
l’éloignement de la famille ; la mort ; la haine de l’ennemi ; la censure ; les blessés et l’hôpital,
etc. L’étude est synthétique, bien informée, mais le lecteur ne découvre rien qui ne soit déjà
connu.
André ARIBAU, Un jeune artilleur de 75, Carcassonne, Fédération audoise des œuvres
laïques, 1984, 71 p., cartes et ill. (prix inconnu).
en 1896 à Montolieu (Aude), cet ouvrier en filature s’engagea en 1916 dans le 3
e
régiment d’artillerie de Carcassonne et fit carrière dans l’armée. Retraité comme lieutenant-
colonel de réserve, il décéda en 1989. Il fut affecté au front de Verdun en 1917 et participa au
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dégagement de de la Cote 304 et du Mort-Homme. L’Argonne est évoquée fugitivement dans
ses carnets, notamment à l’occasion d’une permission à Vraincourt le 10 août 1917.
Jean-Louis BEAUFILS, Journal d’un fantassin. Campagnes de France et d’Orient. Août
1914-Août 1919, Paris, L’Harmattan, 2007, 415 p., cartes, ill. et fac-sim. (33 €).
Ce témoignage médiocrement présenté laisse supposer que l’auteur est en Haute-
Vienne en 1894 et qu’il décéda en 1950. Chrétien militant, il truffe son journal de références à
la patrie et à la volonté de Dieu. Il combattit comme mitrailleur sur la plupart des fronts, y
compris au sein de l’armée d’Orient. En mai 1916, il fut brièvement affecté au secteur Cote
304/Mort-Homme. Il vit Laheycourt à moitié détruit et parvint au front par la Voie Sacrée. Sa
compagnie comptait 99 hommes, dont 43 furent tués ou blessés. Pliant sous l’assaut allemand,
il cauchemardait : « Mes yeux sont horrifiés par le spectacle des cadavres étendus pêle-mêle.
Ils sont là par grappes, amoncelés. Des mouches bleues bourdonnent autour. Les obus les
enterrent et les déterrent, bouillie mélangée à la terre rouge. »
Emile CARRIÈRE, Un professeur dans les tranchées. 1914-1916, Paris, L’Harmattan,
2005, 206 p., cartes (19 €).
en 1868 d’une famille protestante des Cévennes, marié en 1910 et re de deux
enfants, Emile Carrière fit carrière dans l’enseignement, devint professeur de chimie à
l’université de Montpellier etcéda en 1977. Affecté au 40
e
RI, il combattit en Argonne du 14
septembre au 31 octobre 1914. La bataille de la Marne l’entraîna de Nubécourt à Haucourt-
Malancourt. Des images fortes émergent de ses carnets : des chevaux du train abandonnés et
agonisant au bord des chemins, des tranchées inondées à Avocourt, la butte de Montfaucon
aperçue depuis Montzéville et une description très précise d’Esnes-en-Argonne. Il admirait
malgré lui le professionnalisme des Allemands : « Le soldat allemand est parfaitement habillé,
son équipement est irréprochable, alors que nous avons quitté Nîmes sans toile de tente, sans
couvre-pied, sans outils. »
Comme tous les poilus, il avait le sentiment de vivre une guerre à laquelle il n’avait pas été
préparé : « L’existence que je mène me semble un cauchemar, me paraît être un monstrueux
rêve ; je ne puis concevoir que c’est une horrible réalité qui m’étreint. » Et aussi : « Sur le
champ de bataille la mort plane partout, sa présence est rendue sensible à tous les combattants,
même les plus courageux, cependant l’on cherche en vain l’ennemi. »
Ivan CASSAGNAU, Ce que chaque jour fait de veuves. Journal d’un artilleur. 1914-
1916, Paris, Buchet-Chastel, 2003, 139 p. (13 €).
Il naquit dans le Gers en 1890, servit dans l’armée de 1914 à 1924, devint employé de
banque, puis de papeterie, et mourut dans les Vosges en 1966. Quelques extraits de ses carnets
portent sur la bataille de Verdun depuis février jusqu’au 9 avril 1916, jour de sa blessure par un
tir de Shrapnell. Il subit l’offensive allemande au sein du 57
e
régiment d’artillerie dans le secteur
Dombasle/Esnes-en-Argonne. Il accueillit ainsi l’arrivée par voie ferrée d’un canon de 400 : «
La vue de ce canon nous donne du cœur au ventre. Nous en avons besoin, je le confesse, car la
vision du pays désert, des agglomérations détruites, des maisons abandonnées, des énormes
entonnoirs que la « lourde » ennemie a prodigués un peu partout nous a péniblement appris
qu’ici, la guerre dépasse en horreur tout ce que nous en savons cependant. »
Georges CAUBET, Instituteur et sergent. Mémoires de guerre et de captivité,
Carcassonne, Fédération audoise des œuvres laïques, 1991, 133 p., ill. et fac-sim. (70 F).
Cet instituteur naquit à Toulouse en 1887 et y décéda en 1964. Sergent d’infanterie, il
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combattit à l’ouest de Verdun de janvier à mars 1916. Balloté entre Montzéville, le Bois-Bourru
et le Mort-Homme, il rend bien compte de l’impuissance française face à l’offensive
méthodique de l’armée allemande. Les bombardements ininterrompus fauchent civils et
militaires. Cloués au sol, lui et ses hommes éprouvent un sentiment de résignation. Au début de
mars 1916, il se retrouva encerclé sur les pentes du Mort-Homme et fut miraculeusement sauvé.
Il finit la guerre comme prisonnier en Allemagne de juin à novembre 1918.
René CLERGEAU, Les carnets de René Clergeau (1914-1919). Transcription,
adaptation et réalisation de Jean-Marc Truchet, Villebois, La Plume du Temps, 2001, 338
p., cartes, ill. et fac-sim. (295 F).
Lui aussi instituteur, il naquit en Charente-Maritime en 1886 et y mourut en 1920, victime
à retardement des gazages subis pendant la guerre. Caporal au 206
e
RI, il fut chargé du
ravitaillement et combattit par intermittence. On l’affecta au front ouest de Verdun, notamment
à la forêt de Hesse, de juin à août 1916. Comme les fusils devenaient inopérants dans la boue,
les affrontements se faisaient avec des grenades, des tirs de crapouillot et des gaz asphyxiants.
Jour après jour, il dénombrait des morts ou des blessés dans son unité. Lors d’une permission,
il vit des Annamites casqués travaillant sur une voie ferrée à Autrécourt. Sa réaffectation dans
le secteur Cote 304/Mort-Homme en mars 1918 lui fut fatale, puisqu’il inhala l’ypérite qui
devait écourter sa vie.
Pierre GRISON, La Grande Guerre d’un lieutenant d’artillerie. Carnets de guerre de
1914 à 1919, Paris, L’Harmattan, 1999, 294 p., cartes, ill. et fac-sim. (prix inconnu).
Il vit le jour à Paris en 1892, s’engagea dans l’artillerie en 1910, finit sa carrière comme
lieutenant-colonel, officier de la Légion d’honneur, et mourut en 1977 à Sens (Yonne). Sous-
lieutenant en août 1914, il se retrouva à la Cote 304 du 21 avril au 21 mai 1916 et y subit les
tirs précis des artilleurs allemands. Son témoignage diffère beaucoup de ceux des fantassins.
L’auteur réagit en technicien, excluant anecdotes et faits saillants. En revanche, le lecteur en
apprend beaucoup sur le fonctionnement des canons de 75 et l’ordinaire d’une batterie. Deux
plans de la Cote 304 figurent en annexe.
Gérard HEILIGENSTEIN, Mémoires d’un observateur pilote (1912-1919). Auguste
Heiligenstein, Paris, Les Editions de l’Officine, 2009, 227 p., ill. et fac-sim. (25 €).
Il naquit en 1891 à Saint-Denis (Seine), fit carrière comme émailleur, puis céramiste et
mourut en 1976 à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Incorporé dans l’artillerie en 1912,
il servit sept ans sous les drapeaux et fut versé dans l’aviation à partir de juin 1915, comme
pilote et observateur. Il fut affecté au terrain de Froidos du 1
er
juillet au 30 septembre 1916 et
multiplia les missions au-dessus du champ de bataille de Verdun, sous la protection d’avions
de chasse. Il se heurta à ses débuts au snobisme de pilotes issus de Polytechnique ou d’écoles
d’ingénieurs, puis finit par s’intégrer et croisa Navarre et Nungesser. Hormis plusieurs survols
de la Cote 304, il parle peu des combats. A l’inverse, il livre de nombreux détails sur sa base,
la popote, la camaraderie et les techniques d’observation. Il finit la guerre comme lieutenant,
titulaire de la croix de guerre et de la Légion d’honneur.
Etienne HOUARD, Ma campagne de guerre 14-18, Paris, La Pensée Universelle, 1982,
182 p. (prix inconnu).
dans la Nièvre en 1888, il y mourut en 1950 après avoir exercé le métier de tailleur
de limes. Il fit l’essentiel de sa Grande Guerre en Argonne, de septembre 1914 à juillet 1915,
au sein du 4
e
RI. Fait prisonnier le 14 juillet, il séjourna en Poméranie et fut rapatrié en France
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en janvier 1919. Son témoignage commence par un récit de la retraite d’août 1914, de Cunel à
Condé-en-Barrois. Suffocant de chaleur, mitraillé par l’ennemi depuis le clocher de Cierges, il
assiste à des scènes de panique à Varennes. La bataille de la Marne le voit progresser de
Villotte-devant-Louppy à Cheppy. Il traverse Triaucourt détruit, croise une femme folle à
Auzéville, subit la pluie, voit Clermont incendié et cantonne à Cheppy dont le château a été
pillé. A partir d’octobre, place à la guerre en forêt : Haute-Chevauchée, la Croix-de-Pierre, la
Cigalerie, Noël au pied de Vauquois, le Four-aux-Moines en janvier 1915, puis les Meurissons.
« Nous voidonc installés dans cette forêt de l’Argonne, dans ces ravins infectés de
détritus de toutes sortes. Une odeur forte monte des ravins. Ça sent la mort partout autour de
nous. » Pluie, froid et bombardements se succèdent. Il se réveille un matin en découvrant qu’il
a dormi sur un cheval en putréfaction et doit se reposer à Aubréville, victime de la typhoïde.
Lors d’une phase de repos à Futeau, il croise de nombreux « mercantis ». Tapi dans les tranchées
de Bolante, il survit, au milieu des tirs de crapouillot et de la guerre des mines. L’offensive
allemande de juillet 1915 perce le front et le neutralise : « Un Boche me met en joue. On me
fait signe de me rendre. Comme mes camarades, je suis fait prisonnier. »
Éric LABAYLE, Carnets de guerre d’Alexis Callies (1914-1918), Château-Thierry,
Edition à compte d’auteur, 1999, 559 p., cartes et ill. (prix inconnu).
Alexis Callies est né en 1870 à Annecy (Haute-Savoie), fit carrière dans l’armée de 1891
à 1919, se reconvertit dans l’industrie, fut élu député de 1928 à 1932 et décéda en 1950 à Mars-
sur-Allier (Nièvre). Polytechnicien et père de cinq enfants, il fit la Grande Guerre comme
capitaine, puis chef d’escadron dans l’artillerie. Il fit un premier séjour en Argonne depuis la
bataille de la Marne jusqu’à la guerre de position dans le secteur Malancourt/Cote 304, soit du
12 septembre 1914 au 25 mai 1915. Doté d’un regard acéré, il remarque les ruines de Beauzée-
sur-Aire, donne un récit hallucinant d’un hôpital de campagne à Nubécourt, signale une
épidémie de typhoïde, le suicide d’un colonel surmené à Montzéville et l’exécution de deux
fantassins à Montzéville le 18 février 1915. Son texte s’accompagne de photos de Dombasle-
en-Argonne, Malancourt, Montzévile et de la Cote 304.
Il revint en Argonne à deux reprises, d’abord à l’occasion d’une affectation en
Champagne, du 24 mai au 22 août 1915, puis lors d’un nouveau séjour à l’ouest de Verdun, du
19 mai 1916 au 2 septembre 1917. D’où une série d’autres photos sur Sainte-Ménehould et
Esnes-en-Argonne, ainsi qu’une description du château de Braux-Sainte-Cohière transformé en
hôpital. Ses fonctions l’éloignaient des fantassins mais lui faisaient croiser des « huiles » qu’il
méprisait : le ministre Millerand, « gros et vouté », le général Sarrail, incompétent et entouré
de « représentants du peuple », dont le commandant Margaine, le général Duchesne, compétent
mais « dictatorial », des capitaines et colonels soucieux d’abord de leur bien-être. Il plorait
aussi des lacunes en artillerie de tranchée que l’on comble avec des mortiers datant de Louis-
Philippe. On comprend qu’il ait dû quitter l’armée à l’issue du conflit.
Delphine LABEAU et Christophe LEBLANC, Six frères. Correspondance de guerre
1914-1918, Beauvais, Archives départementales de l’Oise, 2008, 385 p., cartes, ill. et fac-sim.
(20 €).
Il s’agit de témoignages établis à partir de 1100 lettres adressées à leurs parents par six
frères originaires de Creil (Oise). L’un d’entre eux, Pierre Bouchet (1894-1918), suivait des
études d’ingénieur à Lille, fut incorporé dans l’artillerie en cembre 1914, passa dans
l’observation aérienne en novembre 1916, fut promu lieutenant en janvier 1918 et périt en
combat aérien le 14 août 1918. Il servit en Argonne du 12 août 1915 au 12 février 1916,
essentiellement à la Gruerie, puis du 28 mars au 29 juillet 1916, dans le secteur Avocourt/Mort-